Je parle de toi au passé, comme pour ouvrir mes mains, comme pour ne pas pleurer.....
Ce présent plein de toi, de ton absence, de mes tourments, de nos demains,
Ce futur plein de rêves, de peut être, de jamais, d'impossible, de chemins,
Je tire un trait en pointillé, et laisse la porte à peine fermée, pour laisser la nuit entrer,
Entrer ton sourire, tes silences, ta tendresse,
Je laisse le peut etre entrouvert pour laisser les doutes sortir,
Nos colères, nos mystères, nos déroutes,
Attente longue et impénétrable,
Manque étouffé, regard voilé, cartes sur table
Le ciel a perdu son sourire,
et je me contente d'en rire.......
Les accords mineurs ont dépassé nos forces majeures,
Des couleurs en bémol, des dièses à nos soupirs,
Palette nuancée de milles délicates odeurs
Ivresse des sens, lente descente aux désirs,
Je voudrais revivre cette chasse aux gorilles, cette inconnues dans la vallée des ronces,
je voudrais me délecter de toutes ces premières fois, excitations d'une chasse aux abois,
Ces premiers non-dits, premiers regards coulés, sur ma jupe un peu courte, plonge sur mon décolleté
Ces premiers échanges, ces recherches, ces silences, sur tes pertes de vie et mes prises de conscience....
Ces vêtements que j'achète et ne choisis que pour toi, que je porte en sachant que tu ne rêveras,
que de me voir sans, de les oter, les soulever, et que cependant,
je continue à choisir, à mélanger, pour mieux cacher ce que tu ne verras pas,
Trop absorbé à me gouter goulument,
Parfois je rêve étendue sur le sol, que tes mains sont aussi chaudes que les rayons du soleil,
Parfois j'espère, devant la fenêtre ouverte, que tes lèvres sont aussi légères que la brise de juillet,
Et quand mes mains s'égarent et que mon souffle se perd, que ma tête se renverse, en quête de merveille,
Je pense à toi, à nous, à nos peaux qui se touchent, et j'ai peur, de réver de toi au passé....
