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Roman :Deux Ames

Il la regardait et ne parvenait pas à parler. Elle avait changé depuis 3 ans, il le savait, mais il ne s'attendait pas à être bouleversé de la sorte. Ses yeux gris brillaient d'incertitude, et ses lèvres tremblaient dans le froid. Finalement, il était resté sur le ton léger de leurs messages, cet érotisme un peu superficiel et si excitant, les sourires, les envies. Mais il ne s'était pas attendu à trouver devant lui cette femme là, intimidante de simplicité. Et finalement, le doute s'insinuait. Qui était Romane dans le fond. ? Bien sur qu'elle n'était plus la toute jeune femme avec ses grands pulls et ses baskets, bien sur qu'elle n'était pas seulement cette délicieuse égérie en dessous ivoire qu'il aimait à regarder en cachette.

 

Elle le dévorait des yeux, n’osant croire qu’il était en face d’elle. N’osant croire que cet instant qu’elle attendait tant était réel. Ses larmes lui inondaient le  visage et lui brouillaient la vue. Il avait changé depuis tout ce temps. Plus large, plus mur, plus sur de lui. Mais aussi dur, le temps avait barré son front d’une ride verticale, et de petits plis perlaient au coin de ses yeux. Elle sentait son menton trembler, et essayer d’endiguer l’eau qui montait en elle. Ce moment qu’elle avait tant rêvé lui faisait peur soudain. Et s’ils gâchaient leurs rêves et leurs fantasmes ? si tout s’effondrait ? si elle perdait l’ami en décevant l’amant ?

Il leva sa main tremblante vers son visage humide, et lui replaça une mèche échappée de son chignon. Ses doigts s’attardèrent sur sa joue,

 

Le dîner touchait à sa fin, et Romane réprimait avec peine ses bâillements ; En récupérant sa veste au vestiaire, elle repensait à Pierre. La soirée avait été bien fade sans cette connexion constante, sans ce lien permanent. Elle aimait savoir qu’il était là, qu’il répondait dans la minute à chacun de ses messages. .
Depuis plusieurs mois, il était là, jour et nuit. Dés qu’elle avait un espace, un creux, un vide, une pensée, un coup de cœur, elle transcrivait ses pensées en synthèses par le biais de cette moitié de clavier. A n’importe quelle heure, il était là. Il répondait. Il l’encourageait, la cajolait, la consolait, la rassurait et la charmait…..

Ce soir, elle avait encore envie. Désir insatiable et exigeant, elle se sentait en dépendance comme un nouveau né au sein maternel.

 

« Mani ma douce, fais moi signe quand tu sors, que je t’embrasse avant de nous endormir »

« Bonsoir Pierre, je vais sortir, je rejoins l’hôtel, le temps d’appeler un taxi.

 

Romane pris congés de ses hôtes, en prenant bien soin que chacun monte dans un taxi en direction de leur Hôtel. Restée seule, elle remontât le col de son long manteau de cuir, et glissa ses doigts dans ses gants de peau, avant de s’enfoncer dans la rue Mazarine.

Elle avait finalement décidé de ne pas se commander de taxi, et de traverser Paris à pied, entre Saint Germain des Prés et Montmartre, une petite demie heure de marche dans l’air vif lui ferait le plus grand bien. Le Champagne lui avait donné quelques maux de tête. 

 

Ses pas claquaient sur l’asphalte gelé du trottoir. La rue était encore animée, et de nombreux véhicules la dépassaient. Elle avait toujours aimé marcher dans Paris, car elle s’y était toujours sentie protégée. La foule, le mouvement, les lumières. Tout ce qu’elle fuyait en famille, elle s’en repaissait au cœur de la solitude….

 

En bifurquant dans la rue Reneguaud, elle sentit son cœur battre plus fort lorsqu’une voiture noire ralentit à sa hauteur.  Le chauffeur baissa sa vitre, en roulant à son pas, mais elle refusait de tourner la tête. Faisant comme si elle n’avait rien remarqué, elle se rapprocha du mur de l’immeuble et accéléra sensiblement le pas.

 

« Bonsoir jolie demoiselle…. »

 

Une voix grave et posée s’était adressée à elle, et elle se sentit défaillir. De peur, mais aussi un autre sentiment se mêlait à la peur. Elle reconnaissait ce timbre de voix, sans parvenir à le recadrer, sans parvenir à faire la part des choses. La crainte l’emportant sur le reste, elle refusait de s’arrêter et de se retourner.

 

« Mani ? c’est moi……. »

 

Elle s’arrêta net, avant de se retourner brusquement.

 

« Pierre ?....

 

Alors que mille questions se bousculaient  dans sa tête, aucun son ne parvint à franchir ses lèvres. La stupeur se mêlait au bonheur et l’incrédulité laissa rapidement la place à de petites larmes transparentes.

 

Elle s’approcha lentement de la voiture, alors qu’il en descendait pour la rejoindre.

Face à face en silence, ils se dévoraient des yeux, sans oser se toucher.

 3 années loin l’un de l’autre, et il leur était impossible de franchir les 10 cm qui séparaient leurs mains…

Le mois de janvier avait frappé à la porte, froid et sec, et l’agitation des fêtes de fin d’année s’était enfin calmée, laissant la place à la routine et aux réunions de travail.

 

C’est dans un grand hotel parisien que Romane avait rendez vous aujourd’hui pour le lancement d’un nouveau produit cosmo, et c’est la démarche un peu lente qu’elle se dirigeait dans le hall du Meridien lorsque le vibreur de son téléphone portable retenti.

 

 

« Allo Mani ? C’est Pierre…. Il y a longtemps que je n’ai pas eu de tes nouvelles…

« oh !!!! Bonjour Pierre. Je suis contente de t’entendre, comment vas-tu ?

« bien bien,   mais et toi ?

« ça roule… doucement. J’ai une grosse journée aujourd’hui. On lance un nouveau produit, et j’ai tout le staff américain qui débarque dans une heure. Journée de réunion et dîner avec tout le monde…. Ça va être terrible !!! j’ai hâte d’être à ce soir.. 

« oui je comprends, tu termines tard ?

« je ne sais pas, 23h, minuit…. J’espère pas trop tard

« et après tu rentres chez toi ?

« oh non, je ne pense pas, on va sans doute laisser couler le Champagne, tu sais comment ça se passe…. Mon assistante m’a réservé une chambre pas loin d’ici

Silence au bout du fil

« Allo ? tu es tombé ? (rire)

« Non non, je t’écoute…. Je pensais que j’aurais bien aimé venir te voir, et partager ta chambre…..

Silence

« Enfin…. C’était juste une idée comme ça

« Incorrigible Pierre !!! tu n’arrêtes jamais……

« non jamais !!!!!!

« je vais devoir te laisser, le brunch va démarrer. On reste connectés ?

« oui sans problème ma douce, bon courage pour ta journée, je t’envoie un message quand j’arrive au bureau….  Tu vas tous les séduire !! je crois en toi !!!!

« (rire) merci, gros bisou…..

 

 

Cet appel inattendu l’avait comblée. Qu’il était bon de savoir qu’il y avait quelqu’un, quelquepart…. Et que ses mots étaient agréables à entendre, que sa voix était chaude.

Des petits frissons lui caressaient l’échine, et un sourire à peine voilé illuminait son visage.
Pas vraiment honteuse de ressentir du désir pour un autre homme, et ravie d’avoir un secret au fond du cœur….

 

Vibrato

« Alors ma douce, comment es tu habillée aujourd’hui ? »

 

Le SMS la fait sourire.

« pantalon noir, chemisier blanc, escarpins… et chignon »

 

« Et dessous ? Fais moi rêver douceur….. »

 

Elle rougit, et prie pour que ses voisins de conférence ne la voient pas s’émouvoir.

 

« Dessous ? satin noir, minimaliste…. Et toi ?

« Tu me fais réver douceur, j’ai envie de toi……

 

La journée finalement est passée comme un rêve, en pianotant sur le clavier. Que s’est il dit dans cette salle de réunion ? Romane n’aurait su le dire avec certitude, mais ses joues étaient roses, et ses pensées vagabondes. Elle se demandait avec inquiétude si échanger de tels propos avec un homme ne revenait pas à tromper purement Maël ?

 

Elle tentait d’ignorer la sensation d’angoisse qui lui tendait le ventre, mais dans l’ascenseur qui la descendait au parking, elle s’empressa d’effacer les SMS un à un de son téléphone portable, en se promettant de ne plus céder à ce petit jeu dangereux et douloureux.

 

 

 

 

 

Le mois de janvier s’était installé sur le pont de Saint Nazaire, avec son collier de brume et son humidité persistante. Les guirlandes lumineuses ornaient encore les vitrines, mais c’est le pas pressé, la tête baissée, que chacun se dirigeait vers les constructions de bureau de la zone portuaire.

 

Les mains dans les poches de son caban, Pierre laissait ses idées vagabonder en regardant le bac charger et décharger la foule d’employés qui se dirigeait vers l’autre coté de la baie. 

Depuis combien de temps n’avait il pas parlé  à Romane ?

Sa voix douce lui manquait. Son rire aussi. Depuis plusieurs mois qu’ils avaient repris contact, ils n’avaient pas encore eu l’occasion de se revoir. Elle s’était accrochée à sa vie, son fils, son mari. Et lui, n’avait pas eu le courage de quitter Louise, ni même de lui mentir.

 

Il se souvenait si bien de ses yeux, de son sourire, de sa peau…. Et même s’il avait pu voir, sur les dernières photos que Romane lui avait envoyées, qu’elle avait un peu pris le poids des ans et de la maternité, il ne la trouvait que plus désirable.

Ca le rendait fou par moment. Mais il attendait encore…. Sans savoir vraiment quel évènement, quel signe….

 

En raccrochant le téléphone ce matin, il su que le moment était venu. Le moment de vérité. Celui qui allait le remettre face à lui-même.
Il fit volte face, et retourna chez lui, récupérer quelques affaires et les clefs de son coupé GT.

 

La pluie battante obscurcissait la route, mais il avançait tout droit. La voiture avalait les kilomètres, en résonnant aux basses des Arctic Monkeys. Il ne sortit de sa rêverie que lorsqu’un panneau routier lui indiqua : « Paris : 25km »

 

 

 

Dans sa chambre d’hotel, Romane laissa longtemps l’eau ruisseler sur son visage. La vapeur avait déposé un voile de buée sur le miroir et sur les parois de la cabine de douche. Elle se sentait coupée du Monde. Loin de tous. Seule et heureuse de l’être. Un peu honteuse. Un peu excitée aussi.

 

Pierre depuis plusieurs mois l’avait aidée à se sentir femme. Elle avait repris goût aux dessous coquins, et prenait soin de son corps avec passion. « Pour le cas où….. » Il la désirait simplement, et elle se sentait vivante. Il savait trouver les mots qui la laissaient pantelante, un peu humide. Elle avait retrouvé le chemin du désir et utilisait cette énergie nouvelle pour vivre. Mais chaque jour le manque venait la poignarder plus profondément. Elle avait envie de ses mains sur son corps. Envie de lui, de sa vie, de sa voix…. Envie de partager un quotidien qui lui semblait bien plus riche que celui qu’elle s’offrait.
Mais leur histoire n’était que rendez vous manqués, silences, distance, censure….

 

Au moment où elle s’apprêtait à quitter la chambre pour aller dîner, son téléphone vibra encore. Mais elle décida de l’ignorer pour un temps. Elle n’était plus certaine de résister longtemps à l’envie pressante de tout laisser en plan, le diner, les américains, les lumières.. pour aller acheter un billet de TGV pour Saint Nazaire. Et si elle débarquait avec les croissants devant chez lui… il serait bien obligé de la prendre.

 

 En soupirant, elle sortit de l’ascenseur, et se dirigea vers la station de Metro. Ce soir, elle avait envie de se fondre dans la foule, le temps de se reprendre. Le temps de retrouver sa route. Elle serait un peu en retard au dîner, mais finalement…. Quelle importance ?

 

« Mani, tu sors où ce soir ? Tu rentres tard ? « 

« A l’Alcazar à Saint Germain. Je pense partir à 23h… et toi ? quoi de prévu ?

« Quoi de prévu ? je te kidnappe et je t’emmène dans un club de jazz, pour discuter toute la nuit et écouter de la bonne musique. J’aimerai sortir avec une jolie femme ce soir…..si elle est brillante en plus, alors banco

« dragueur…

 

Elle avait des clochettes dans la tête, des étoiles dans les yeux… « jolie, brillante…. » Elle aussi elle aurait bien aimé qu’il la kidnappe ce soir. Mais elle devait se rendre à l’évidence, la soirée promettait d’être rébarbative à souhait. Discussions en anglais sur des sujets absolument neutres et professionnels, explications détaillées des menus et des us et coutumes français, rires de circonstances faces aux private-jokes des grobid’hamburgeois. 

Un peu de Champagne l’aiderait sans doute à surmonter les heures lentes.

 

 

 

 

"je suis vivante. C'est bon de l'être".



Elle a envoyé son SMS, sachant qu'il saurait parfaitement de quoi il en retournerait, et que ça le taquinerait profondément.

Tant mieux. Il faudrait qu'il apprenne qu'elle avait renoncé depuis longtemps. Meme s'il ne l'avait visiblement pas encore compris.

Pendant 6 années elle avait caressé l'espoir de le voir revenir.
Un jour, elle a effacé son numéro, effacé ses photos....

Aujourd'hui, elle a choisi de lui dire : la vie continue sans toi.
Depuis 8 ans qu'il était reparti à sa vie, sans prendre la peine de cueillir sa nuit, elle a enfin tourné la page.



"Je suis vivante..... c'est bon de l'être"

 

Je voulais juste te dire que j'avais effacé ta photo. Depuis 6 ans qu'elle était sur mon bureau, elle avait pris la poussière, et nous aussi.

 

Depuis six ans qu'on se parle, qu'on se rêve, qu'on se tourmente…. Six longues années dans le silence et l'abstinence, cette photo ne m'évoque plus rien.

 

 

 

Je voulais juste te dire que j'avais effacé ton numéro. Depuis 6 ans que je le caressais des doigts, sans jamais oser t'appeler. Sans jamais t'entendre décrocher. Ce numéro qui vibrait dans la nuit, je l'ai supprimé de ma vie.

 

 

 

Je ne t'appellerai plus. Je te ne répondrai plus.

 

Tu n'existes plus.

 

 

 

Un fantasme nourri qui a brûlé sa vie. Une histoire avortée sur laquelle nous n'aurions jamais du nous retourner.

 

 

 

Je t'oublie.

 

 

 

Et aujourd'hui, je veux juste profiter de MA vie.
Rends la moi.
Oublie moi.

 

 

 

 

Un jour elle l'a dit... l'a pensé si fort que la vie devint plus forte encore, plus colorée, plus vivante, plus excitante....

Elle l'a dit, et il a disparu tel un ephémère au matin du troisième jour....

C'était il y a longtemps, très longtemps....

Mais les légendes sont faites pour qu'on les entende....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Réédition pour modification de catégorie

Communauté : Parlons d'amour
Depuis plusieurs jours qu’il a envoyé son mail, Pierre a eu le temps de regretter, de guetter la réponse, de s’interroger sur la réaction de Romane, de craindre qu’elle ne réponde pas. Cent fois il relève ses messages, cent fois il soupire. L’idée de la retrouver ne le quitte plus. Il refuse de passer ses journées à attendre une réponse qui peut être ne viendra jamais. Mais là, assis derrière son bureau toute la journée, il se surprend à être obsédé. Les soirées ont le goût suret de la tristesse, et rien ne parviens à l’égayer.
 
 
Louise à Pierre
_ Qu’est ce que tu as en ce moment ? Ça ne va pas ?
_ Mais si, … tout va bien.
_ Tu ne parles pas beaucoup ces derniers temps.
_ Je n’ai pas grand-chose à dire
_ Je te trouve différent, tu n’es pas vraiment là, avec moi.
 Il s’approche d’elle et lui caresse l’épaule
_ Ça ira mieux lorsque j’aurais avancé au boulot, tu sais, on est tous sous pression, c’est un peu difficile en ce moment….
Il l’embrasse doucement sur les lèvres, en attrapant son trousseau de clefs.
_ A ce soir ma Zouzou,
_ A ce soir mon Lapin
 
Les longues portes vitrées de chez TechnikCo s’ouvrent sur son passage. Il coule un œil discret vers la borne d’accueil. Par chance, Kelly la standardiste est en grande conversation avec un coursier et ne le remarque pas ; il presse le pas et s’engouffre dans l’ascenseur.
Ce matin, il n’a pas envie de frayer avec les autres humains qui naviguent dans ce grand vaisseau de verre. Il se glisse à sa table de travail, et ouvre distraitement sa session de travail. Dehors, la brume recouvre les docks, et on n’aperçoit plus le pont. Il sent que le brouillard s’insinue en lui et qu’il fléchit son énergie. Depuis plusieurs jours, l’obsession l’empêche de dormir. Il a besoin de penser à autre chose, de s’éloigner de cet écran qu’il rafraichit sans cesse en scrutant les expéditeurs de message. Il décroche son téléphone, et appel ses clients pour prendre des rendez vous. En fin de matinée, il a planifié sa tournée ; Une semaine complète de voyage, d’un bout à l’autre de l’Hexagone. En d’autres temps, il aurait purement refusé un tel itinéraire, mais il avait besion de se saouler de travail, de s’occuper à en avoir la nausée pour ne plus penser.
Lorsqu ‘il revient de déjeuner, le mail tant attendu est enfin arrivé. 

Reçu : 17 octobre  2008
Objet : RE :« trop loin trop longtemps »
Expéditeur : Romane Lebeau
Message : Salut, ,
Très contente d’avoir de tes nouvelles. Je vais bien, et mon petit Victor a beaucoup grandit. Il a déjà 2 ans, et me comble de bonheur.
Et toi ? Quelles nouvelles ?
A te lire,
Mani. 
Elle avait enfin répondu. Il lit et relit le message, mais n’y trouve pas les réponses à ses pensées. Sont ils déconnectés ou souffle t elle simplement le froid pour distiller l’envie ?
 
Reçu : 17 octobre  2008
Objet :re : RE : « trop loin trop longtemps »
Expéditeur : Pierre Louard
Message : Ma douce,
Je suis bien content de te lire en bonne forme. De mon coté rien n’a changé. Toujours chez Technikco, et toujours en transit. La vie s’écoule doucement, mais sans toi je la trouve triste. Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’elle aurait été avec toi.  Tu me manques.
P. 

Pierre se rend compte qu’il insiste .....
 
 
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